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Ma rencontre avec David Abiker à France Info…

closeCet article a été publié il y a 8 ans 1 mois 1 jour, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées.

Vendredi 12 juin, après avoir contacté France Info pour proposer d’envoyer un interview à David Abiker, chroniqueur et essayiste, Mme Claude-Agnès Marcel, la responsable des « relations presse » a eu la gentillesse de me proposer de rencontrer le journaliste et de visiter la rédaction, invitation que je ne pouvais en aucun cas refuser.

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David Abiker

A cet occasion, la journée a commencé très tôt avec sa chronique « Info Net » avec les internautes à 07h27 pour laquelle j’ai assisté à la préparation, un travail de professionnel exécuté avec rapidité et rigueur, impressionnant ! La journée s’est ensuite poursuivie par l’enregistrement d’une émission avec Jacques Rosselin, co-fondateur de la revue vendredi puis deux émissions en direct de « Parlons Net » dont je n’ai assisté qu’à la première passionnante avec Benoit Thieulin (La Netscouade), concepteur de la cybercampagne de Ségolène Royal puis de  Daniel Cohn-Bendit et de la liste Europe Ecologie. Ma présence en studio m’a ainsi permis d’appréhender ce métier étonnant de journaliste et surtout sa grande rigueur.

Avis de bestbuzz

Bien sur je pourrais en dire beaucoup plus (visites des différents studios, moyens techniques, rencontres avec Marc Fauvelle, d’autres « voix » de France Info, des journalistes de Marianne2, Rue89, un croisement furtif avec Edwy Plenel ou encore Laurent Joffrin, etc) mais l’article deviendrait surement pénible à lire.

Une ambiance professionnelle et cordiale pour une équipe à taille humaine, voila quelques caractéristiques que je retiendrai de France Info.

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Marc  Fauvelle (le fil rouge)

Ce qu’il faut retenir, en toute transparence, c’est que cette visite s’inscrivait dans une optique originale de rayonnement à long terme de bestbuzz et bien sur une envie de découvrir la rédaction de l’une des premières radio de France. Ces deux objectifs me paraissent modestement atteints.

Je retiens aussi la nécessité impérieuse de préparer encore davantage ce type visite. J’avais pris soin de prendre avec moi une caméra vidéo, mais le métier de caméraman ne s’improvise pas c’est certain, comme l’atteste ma petite vidéo sans prétention. Notez également qu’une opportunité comme celle-ci mérite d’y apporter tout le temps nécessaire et je regrette ainsi d’avoir du quitter les locaux de France Info prématurément sans avoir pu réaliser mon interview vidéo…puisque j’avais pris un autre engagement par ailleurs.

Pour finir, je vous laisse lire l’interview réalisé à postériori et pour lequel je remercie encore Mr David Abiker :

Bestbuzz : Avez-vous le sentiment que le phénomène “buzz” s’amplifie aujourd’hui ?

Oui. Le net et l’info en continu y contribuent. Mais dans le même temps, l’accès aux travaux de recherche, aux études scientifiques, aux enquêtes, aux investigations n’a jamais été aussi ouvert. Il y a plusieurs temps de l’information et de la connaissance. Le temps de la recherche n’est pas le même que celui des enquêtes qui n’est pas le même que celui des buzz d’internet. On peut noter que l’information dont la durée de vie est la plus courte n’est pas nécessairement la plus utile. Le rapport de la cour des comptes sur le fonctionnement de l’Elysée intéresse bien moins de monde que Casse toi pauv’con il a pourtant une portée et un intérêt plus important dans la hiérarchie de l’information. L’amplification du buzz, c’est-à-dire d’une info courte qui se diffuse en un temps très court et qui est ensuite rapidement oublié transforme notre rapport à l’info en temps que citoyen et récepteur. Moins d’approfondissement, moins de recul, moins de mise à distance.

Bestbuzz : Au fait un vrai buzz, c’est quoi et quels sont pour vous les leviers pour qu’il fonctionne ?

Un bon buzz c’est d’abord une surprise, quelque chose qui crée une rupture dans l’ordre naturel des événements. C’est aussi une information ou un contenu (pour parler net) qui donne à celui qui le reçoit de le transmettre. Une bonne info autrefois, c’était une bonne info. On la recevait dans le journal, à la radio, à la télé. On la commentait, on la critiquait ou l’absorbait mais on ne la rediffusait pas. C’est une des caractéristique du buzz. Le récepteur devient diffuseur. Mais ça ne suffit pas à fixer les caractéristiques du buzz. Un bon buzz, c’est donc un effet de surprise, c’est aussi un décalage, un éclat de rire, une provocation, une transgression. La transgression me paraît être le critère numéro 1. C’est pour ça que les buzz politiques ont d’abord fonctionné et fonctionnent toujours parce que le plus souvent, ils cassent la figure sacrée du politique : un Pdt qui dit un gros mot, une garde des sceaux qui explique qu’un de ses collègues pue des pieds, un de ses collègues qui jure ne pas être le père de l’enfant qu’elle porte, une ministre de la famille qui se trémousse dans une boum UMP…etc. La plupart des buzz cassent une image, un tabou aussi. Quand les Chirac se mettent à jouer une scène de théâtre de boulevard plus vrai que nature, ils cassent leur image. Quand Vals indique sans racisme mais maladroitement qu’il n’y pas assez de blancs, il casse un tabou de gauche. Quand Lefebvre veut assouplir la loi sur l’arrêt maladie et autoriser dans certaines conditions le travail pendant il casse un tabou social. Etc. Il n’y pas de recette pour un buzz, c’est ce qui fait son charme. On le reconnaît tout de suite, on sait en lister les ingrédients mais on ne sait pas le cuisiner vraiment. Les meilleurs buzz sont souvent involontaires encore que les agence de marketing commencent à savoir y faire.

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Bestbuzz : Ne pensez-vous pas que finalement, notamment dans le domaine marketing notamment, trop de buzz tue le buzz puisque leur durée de vie sont,  à de très rares exception (best job par exemple), très court ?

L’usage du buzz en marketing doit correspondre à une stratégie donnée. La plupart des buzz marketing que j’ai vu cette année avaient deux objectifs : soit faire connaitre une marque challenger ou inconnue, soit créer une rupture dans l’histoire d’une marque, ou faire passer un message fort à une étape de cette histoire. Et puis le buzz concerne le marketing grande conso, les services. Les entreprises qui veulent établir avec le client une relation forte et affective dans un contexte très concurrentiel. Je ne crois pas que trop de buzz tue le buzz. En revanche les mauvais buzz meurent à la naissance. Les bons donnent envie d’en voir d’autres. La question de leur durée de vie rejoint la question de la stratégie. Faire connaitre une nouvelle offre, un nouveau produit se joue sur un temps court, 3 mois maximum, le temps d’un buzz. Encore que le buzz Budweiser n’en finit pas de durer en se transformant en feuilleton.

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Bestbuzz : Quel est le meilleur buzz de cet année ? le pire ?

1/ La mort de Michael Jackson 2/ la mort de Michael Jackson.

Bestbuzz : D’une petite rubrique il y a quelques années, vos chroniques « web » sont devenues incontournables. Qu’en pensez-vous et finalement, le monde du web ne reflète-t-il pas de manière fidèle les tendances des changements de la société dans laquelle nous vivons ?

Incontournable, ça m’étonnerait. Mais si vous le dites, ça me fait plaisir. Paradoxalement, j’aimerais durer en radio sur une matière de l’éphémère, c’est un paradoxe. Le web reflète une frange avant-gardiste de la société et il montre que les comportements évoluent vite. Au plan technologique, c’est indéniable mais aussi au plan économique (on achète en ligne), au plan social (on se mobilise d’un clic), au plan amoureux (il y a de plus en plus de mariage grâce au web), sanitaire (automédication en ligne). Etc. Le web accompagne d’autres changements sociétaux pas nécessairement liés d’ailleurs : l’individualisme triomphant, la perte de repères  et des valeurs traditionnelles remplacée par d’autres valeurs de progrès alternatives, la fin des corps constitués et des autorités, la désintermédiation. Le web précédera aussi  la révolution éducative. Quand vous avez 40 ans et que vous faites apprendre les tables de multiplication à une gamine de 8 ans qui a accès à toutes les bases de données du monde en un clic, vous vous dites parfois que c’est comme si vous lui donniez des cours de maintien, ou que vous lui enseigniez la pelote basque ou l’araméen. La façon d’apprendre va changer et bien entendu le web précède l’école.

Besbuzz : Dans le domaine politique que vous connaissez particulièrement bien, pensez-vous que le buzz fasse partie d’une stratégie de communication ?

Oui et c’est dangereux. On se régale de l’écume, mais les ministres buzzant sont dans la superficialité. Le problème c’est que le cœur de l’Etat fonctionne mal, que l’Etat est endetté jusqu’au cou et nous aussi. Donc on peut buzzer formidablement au sommet de l’Etat et être incapable de délivrer dans un délais raisonnable le passeport biométrique. L’Etat buzzant n’assume pas correctement ses fonctions régalienne, c’est ça le gros souci. Si encore, l’appareil d’Etat était en pleine forme on pourrait s’extasier sur les qualités communicante de ses édiles, mais franchement…. Le buzz ministériel et les vidéos qui vont avec ça ne concerne pas grand monde et ce ne sont pas les stratégies de communication les plus merveilleuses qui feront un meilleur service public, une meilleur sécurité ou un meilleur équilibre social. Je vous rappelle le taux de participation aux européennes, les astuces internet des partis politiques n’y ont rien changé. Même Obama au top de la com’ décevra si il n’y a pas de résultat.

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Bestbuzz : Pouvez-nous vous présenter en quelques mots les nouvelles rubriques que vous animez pour l’été ?

Il n’y en a qu’une. Le masque et les palmes. Un écrivains, un auteur raconte sa plage. Douglas Kennedy, Guy Birenbaum, Villepin, Alix Girod de l’Ain, Yves Coppens, Philippe Delerm, etc. Je me suis beaucoup amusé à les interroger. La nouveauté c’est que je joue à fond le bimédia à l’antenne. Si vous voulez plus que 2 minutes de Douglas Kennedy, vous en avez 15 sur le site. C’est comme ça pour tous les invités. L’internaute en a plus sur France-Info.com. Ca change du net et surtout, je parle peu, c’est l’invité qui tient le micro sur la longueur. Sinon, le billet du net de 7 h 27 devrait reprendre, j’ai hâte de voir Poincaré à l’œuvre (j’aimais déjà beaucoup sa revue de presse d’Inter). Et puis je suis plutôt content de la deuxième année d’existence de Parlons Net. Les politiques commencent à demander à venir. C’est bon signe.

Bestbuzz : D’autres informations utiles pour nos lecteurs concernant vos ambitions de carrière, vos activités sur facebook, votre blog, vos livres etc ?

Mon deuxième livre, le mur des lamentations devrait sortir en poche chez « J’ai lu » en novembre. Il y est beaucoup question du net d’ailleurs même si c’est un livre sur la victimisation. Le dictionnaire posthume de la finance sortie avec Evariste Lefeuvre en mai vit sa vit. Je le recommande à tous ceux qui aiment lire au toilette. Une définition ou deux par station, c’est l’idéal. Sinon je travaille sur mon prochain livre, Zizi the Kid, un recueil de souvenirs. La rentrée avec Nicolas Poincaré sur France Info et avec GQ et Marie-Claire. I-télévision où je suis intervenu chaque semaine depuis le printemps. Je n’ai pas d’ambition. Je veux juste continuer à gagner ma vie en faisant ce travail. Ce serait déjà une chance formidable.

Bestbuzz : le compte twitter http://twitter.com/DavidAbiker est-il bien un fake ?

Je crois pas, je me suis mis à Twitter. Mais je m’autorise à Twitter des bêtises aussi. Pour moi Twitter c’est l’industrialisation de la brève de comptoir, une version high tech, aussi , du collier de boules avec lequel jouent les grecs le soir, sur le pas de leur porte. Un truc comme le Rubix Cub aussi. Ceci dit ca prend la température des centres d’intérêt et des infos qui retiennent l’attention de la communauté twittante. Mais remettons les choses à l’heure place. Proposez à un auteur de BD ou un romancier ou un marchand de glace un bon buzz sur Twitter et Facebook ou une pleine page dans le Parisien, je crois que le Parisien a quelques chances…pour le moment.

Mes remerciements à France Info et tout particulièrement Mme Marcel, son assistante et Mr Abiker.

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Le blog de D. Abiker

Le best Of de « Parlons Net »

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